CONGO/BRAZZA : SASSOU veut obtenir le déblocage du programme de 448,6 millions de dollars approuvé par le FMI en juillet 2019

sasou ngwesso

Depuis un an, le FMI ne cesse de surseoir aux déboursements des tranches du prêt qu’il a accordé en juillet 2019 au Congo. Une équipe restreinte autour du ministre du budget Ludovic Ngatsé a été mandatée pour sortir le pays de ce purgatoire financier.
Le président congolais Denis Sassou Nguesso.


Moins de sept mois après sa nomination, le ministre du budget Ludovic Ngatsé a réussi à s’affranchir de son mentor Jean-Jacques Bouya, le tout-puissant ministre des grands travaux, et à établir un lien direct avec le chef de l’Etat Denis Sassou Nguesso.

C’est ainsi Ludovic Ngatsé, en lieu et place de son collègue des finances Calixte Nganongo, qui négocie actuellement avec le Fonds monétaire international (FMI) un prêt d’urgence, officiellement pour aider le pays à prendre en charge les conséquences de la pandémie de Covid-19. Initiées à l’été, ces discussions sont toujours en cours.

Un programme de 448,6 millions de dollars


A moyen terme, Ngatsé veut obtenir le déblocage du programme de 448,6 millions de dollars approuvé par le FMI en juillet 2019, et dont le Congo n’a à ce jour perçu qu’une seule tranche, la première, d’une valeur de 44 millions de dollars. L’institution a repoussé à deux reprises le déboursement des autres tranches, arguant du peu de réformes entreprises par le pays et surtout du caractère préoccupant de la dette du gouvernement envers les sociétés locales. Pour sortir de l’impasse, Ludovic Ngatsé va présenter le 8 octobre devant le Parlement un collectif budgétaire essentiellement axé sur la dette intérieure. Ce budget est alimenté par un emprunt de 300 milliards de FCFA (45,4 millions d’euros) auprès d’un pool bancaire constitué de BGFI Bank, de la Banque sino-congolaise pour l’Afrique (BSCA), de La Congolaise de banque (LCB) et du nigérian Ecobank, réunis pour l’occasion dans un groupe baptisé « Club de Brazzaville ».

Ce prêt a été négocié par Maxime Gandzion, le conseiller spécial en charge des investissements de Denis Sassou Nguesso qui s’est rapproché de Ludovic Ngatsé. Ex-collaborateur de l’ancien président gabonais Omar Bongo, Gandzion est, avec le patron de la BGFI, le Gabonais Henri-Claude Oyima, l’initiateur du « Club de Brazzaville », monté sur le modèle du « Club de Libreville » lancé en 2003 (déjà) par BGFI pour gérer la dette intérieure du Gabon.

Aux côtés de Maxime Gandzion, le volet fiscal du prêt souscrit par l’Etat congolais est piloté par Rodney Hermann Gouellet, ex-cadre de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) qui doit prendre avant la fin de l’année la direction de la BEAC-Congo, en remplacement de Michel Dzombala. Dernière réforme, et non des moindres, réclamée par le FMI, l’épineuse révision de la fiscalité pétrolière est gérée par le directeur général des douanes Guénolé Mbongo Koumou, avec l’appui de la DG des hydrocarbures Teresa Goma.

Africa Intelligence.

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